Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez l’homme après 50 ans. Il évolue généralement lentement et ne devient métastatique qu’après plusieurs années d’évolution. L’âge au moment du diagnostic a donc une importance déterminante.
Quelle est la fonction de la prostate ?
La prostate produit une sécrétion qui est expulsée à travers l’urètre, avec le liquide séminal et les spermatozoïdes, lors de l’éjaculation. Cette sécrétion représente environ les trois quarts du sperme. La prostate est constituée d’une couche glandulaire externe (70% du volume prostatique) et d’un noyau glandulaire interne (30% du volume prostatique). Comme la prostate se trouve près du rectum, on peut, en introduisant un doigt dans le rectum, palper une région relativement importante de la glande.
Qu'est-ce que le cancer de la prostate ?
On entend par cancer le développement incontrôlé de cellules qui envahissent les tissus environnants. Ces cellules peuvent également migrer vers d’autres organes, ce sont les métastases. Le cancer de la prostate débute généralement dans la partie externe de la glande. C’est pourquoi il est possible de palper des anomalies à partir du rectum. En l’absence de traitement, le cancer de la prostate peut provoquer un gonflement des jambes par suite d’une obstruction de l’écoulement lymphatique, des douleurs osseuses, mais aussi une state rénale et finalement la mort.
Quelles sont les causes du cancer de la prostate ?
La cause est inconnue, quelques facteurs de risque ont été identifiés : l’âge, les habitudes alimentaires, l’hérédité. Si un parent au premier degré (père ou frère) est atteint d’un cancer de la prostate, le risque est multiplié par 2. Ce risque est accru en Occident par la consommation relativement importante de viande rouge et de graisses animales.
Quelle est la fréquence du cancer de la prostate ?
En Suisse, 3'000 à 3'500 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année, ce qui représente une incidence de plus de 120 nouveaux cas par 100'000 hommes par an.
Quand procéder au dépistage précoce ?
Un dépistage précoce est recommandé pour les hommes de plus de 50 ans (45 ans en cas de cancer de la prostate dans la famille) dont l’espérance de vie dépasse 10 ans. Chez les patients de plus de 75 ans, le dépistage du cancer de la prostate n’est plus justifié, étant donné que l’effet bénéfique d’un traitement sur la survie n’apparaît généralement qu’au-delà de 10 ans, compte tenu de l’évolution lente de ce cancer.
Quels “examens” le médecin pratique-t-il ?
Ni le dosage du PSA (Antigène Spécifique de la Prostate, protéine sécrétée dans le sang), ni le toucher rectal ne permettent de prouver l’existence d’un cancer de la prostate. Le diagnostic ne peut être formellement établi que par un prélèvement tissulaire (biopsie). Les méthodes d’examen telles que radiographies, échographies, tomographies informatisées ou autres procédés ne peuvent pas remplacer la biopsie tissulaire. La biopsie prostatique est un examen qui est effectué ambulatoirement, en anesthésie locale ou avec une légère sédation. La biopsie permet d’établir un grade de tumeur, c’est-à-dire le degré d’agressivité (Gleason) mais ne représente toutefois qu’un échantillonnage.
Sources: “La prostate, petite glande, grande importance”, Société Suisse d’Urologie, 2003 ; "L’opération du cancer de la prostate", par le Dr Christian Barré, éditions Masson, 2002.